Hortense ou le piano sans larmes : introduction à "La Méthode de l'intelligence" : essai de rénovation de l'enseignement pianistique

Contenu

Titre

Hortense ou le piano sans larmes : introduction à "La Méthode de l'intelligence" : essai de rénovation de l'enseignement pianistique

Date

1914

Langue

Français

Description matérielle

(non paginé [11] p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 25 cm

Type

Texte

Identifiant

BSG_BR12535

Droits d’utilisation

Est référencé par

BSG_BR12535

Se conforme à

HORTENSE
JLE PIANO
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uci& n* cíe,
Tous droits d’exécution, traduction et reproduction réservés pour tous pays, y compris la Suède, la Norvège et le Danemark.
Copyright
by
S. CHAPELIER
1914,













AVANT-PROPOS
Il n y a pas de petits bienfaiteurs de F humanité. Celui qui aide la

créature humaine dans un des mille efforts de sa vie quotidienne, mérite d ’être

considéré comme tel. Chacun a fait le rêve, sinon de devenir un virtuose

consommé, du moins d’être à même de déchiffrer avec facilité une partition,

d interpréter fidèlement et en artiste une mélodie d’un des grands maîtres de

la musique. Mais ce qui rebute tout le monde pour arriver à satisfaire cette

ambition, c ’est l’aridité de ces premières leçons dont chacun garde un pénible

souvenir.
Or, M. de Flagny a accompli un petit miracle fort semblable à celui

de Saint-François retirant leurs épines aux roses. Son ingénieuse méthode

dépouille l’étude du piano de tout ce q u elle avait justement de rebutant avec

ses fallacieux exercices, la longue monotonie de son piétinement, ses impa­
tientants et interminables recommencements.
M. de Flagny a su préconiser la M éthode de l’intelligence, à

laquelle la grâce aisée, charmante et légère d’
«
Hortense, ou le Piano sans

larme
»
sert de préface fantaisiste et badine.
F
rançoise
-
d
’A
nthoine
.
O
BIBLIOTHEQUE SAINTE-GENEVIEVE
109

01134274

8
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Peine
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INTRODUCTION A
“LA MÉTHODE DE L’INTELLIGENCE”
Essai de rénovation de l’Enseignement Pianistique
par le Professeur
L
ucien

de

F L A G N Y
ÉDITEUR :
5.
CHAPELIER
29» Rue Damrémont et 1, Rue Félix-Ziem, PA R IS
o o o
SOLE AGENTS FOR THE BRITISH EMPIRE :
BRE ITK O PF & H A R T E L
54, Great Malborough Street
Tous droits d'exécution, et reproduction réservés pour tous pays, y compris la Suède, la Norvège et le Danemark
Copyright by
S.
CHAPELIER 1014







PE TIT D IA L O G U E

AUTO UR DU
P IA N O
Personnages : HORTENSE
, 12 ans,
COLETTE, 13 ans.
M.
a scène représente un salon moderne. Hortense est au piano et accueille d ’un sourire satisfait

son am ie Colette qui fait son entrée.
COLETTE
Bonjour, Hortense. Comment? Tu étudies ton piano à cette heure-ci, et un
jour de congé ! Tu disais toujours que rien au monde ne t’ennuyait davantage !
HORTENSE
s’arrête de jouer, mais toujours perchée sur son tabouret :
Attends, Colette, trois petites mesures et je suis à toi.
(Elle aehève très gen­
timent une sonate de Mozart. Puis, pirouettant sur son tabouret : C o m m e n t tro u v e s-tU Ça ?
COLETTE
l ’air connaisseur
Charmant! Quel progrès, ma chère. Alors tu aimes le piano, à présent?
HORTENSE
Je l’adore.
COLETTE
de plus en plus femme du monde
Ah ! je n’en reviens pas. Non, mais toi pour qui c’était la croix et la
bannière de te mettre à l’étudier, ou plutôt à faire semblant d’étudier. Car enfin,
ta mère le disait encore à maman cet été : (( Hortense est parfaitement insup­
portable, dès qu’il s’agit de musique ». Dis, Hortense, tu es convertie. A h !



c est trop drô
l
e
, raconte-moi ton histoire. Quelle scie pourtant ce piano, j’en sais
quelque chose, moi.
HORTENSE
C est que tu ne connaie pas la bonne manière, Colette.
COLETTE
Incrédule et supérieure
Et c est ta Mlle Fagot qui est arrivée à ce résultat incroyable ?
HORTENSE
Mlle Fagot !... Ah ! la la ! non. C ’est justement elle qui me rendait le piano
odieux.
COLETTE
Et tu crois que c’est plus rigolo avec le père Maréchal !
HORTENSE
En voilà un professeur ! Te donne-t-il aussi
des tapes avec ses longs doigts maigres.
COLETTE
Bien sûr, le méchant : et il en a encore
des inventions ! Est-ce que Mile Fagot ne te
posait pas aussi pendant la leçon deux sous
sur le dos de la main ?
HORTENSE
Mais oui ; et on devait les conserver
ainsi et bien prendre garde à ce qu’ils ne
tombent pas. Mais la guigne, c’est qu’ils
n’étaient pas plutôt placés sur la main, que
pouf ! les voilà qui roulaient par terre, et
jamais je n’ai pu acheter le plus petit sucre
d’orge avec.
COLETTE
Et le coup du verre d’eau, elle te l’a fait
aussi ?
HORTENSE
Vous jouez du bras, grinchait Mlle Fagot..
Le critérium... en voilà des mois, hein! c’est
bien son genre ? Le critérium c’est que vous
puissiez mettre un verre d’eau sur votre main, et que pendant tout le morceau,
il ne bouge pas plus que la plume de mon chapeau. Mademoiselle partie, je
cours essayer, mais ma chère, quel cataclysme ! Patatra, voilà le verre sur le
clavier. Le piano, ce qu’il a pris comme déluge, et le parquet, quelle mare !
Maman m’a dit que ma robe était perdue ! Papa m’a grondée, et j ’ai été
privée de dessert. J ’en ai été bien guérie, de ce truc-là.
Mlle FAGOT


COLETTE
Est
-ce qu’elle ne te forçait pas aussi à rester des heures sur ton tabouret,
en tapotant bêtement, les bras au corps comme un poulet, quand Euphrasie,
la cuisinière, va le mettre à la broche.
HORTENSE
J ’en pleurais....... aussi, elle et le piano, je les avais pris également en
grippe.
COLETTE
Eh ! bien alors, où est le miracle !
HORTENSE
Primo, plus de Mlle Fagot!
COLETTE
Et le nouveau professeur ? gentil ?
HORTENSE, avec conviction
Adorable.......
(enjouée)
C ’est maman.
COLETTE
Ta mère ? Comment ? Elle peut te
donner tes leçons?
HORTENSE
Oui, parce qu’elle a appris un 'système merveilleux, grâce auquel on
rrayaille avec le même plaisir que si on jouait à la poupee.
LE CRITERIUM.
COLETTE
Ça, c’est trop fort !
HORTENSE
Et puis, tu sais, au lieu d’étudier des heures, comme avec Mlle Fagot,
j’étudie deux quarts d’heure, et des quarts d’heure qui filent comme une lettre
à la poste.
COLETTE
Dis-donc, sais-tu que c est
stupéfiant. Comme dit Magda,
la gouvernante, c’est colossal.
Alors maintenant, tu aimes le
piano ? toi qui l’avais en hor­
reur. Tu ne travailles qu’une
demi-heure, et tu avances com­
me avec des bottes de sept
lieues, tandis que moi
(à la fois
importante et vexée)
qui
SUIS to n
aînée...
EUPHRASIE, la cuisinière.



. .
HORTENSE
sans aucune modestie
Le p
l
us invraisemb
l
ab
l
e
, c’est que je joue à présent des choses intéres­
santes, passionnantes, des auteurs pour grandes personnes ; des morceaux que
maman entend le dimanche chez Colonne, chez Chevillard.
COLETTE
Incrédule.
Tu ne travailles qu’une demi-heure et tu avances comme avec des bottes de sept lieues.
HORTENSE
Comme je te le dis, ma petite, du Mozart, du Beethoven, du Schumann,
et même des modernes : Fauré, Ravel, Florent Schmitt... Voilà qui vous pose
tout de suite.
Enthousiasmée
COLETTE
Mais moi aussi je veux jouer tout ça.
HORTENSE
C ’est bien facile : suis ma méthode.
COLETTE
Où la trouver ?
HORTENSE
Tiens, et n’oublie pas le nom ce son auteur.
Colette prend le livre des m ains de son am ie et lit su r la couverture
HORTENSE
ou Le Piano sans larm es
par Lucien de FLAGNY





“LA MÉTHODE DE L’INTELLIGENCE”
ESSAI DE RÉNOVATION DE L’ENSEIGNEMENT PIANISTIQUE
*
Le
PIANO
se prête à toutes les fantaisies de l’im agi­
nation ; c’est l ’am i
,
le confident de nos p lu s intimes

pensées. *
Employez chaque organe conformément à sa nature,

à sa fonction physiologique...
Et il rendra le maximum de résultats, avec le moins

d’efforts, dans le minimum de temps.
L ÉTUDE DU PiANO n est pas encore bien comprise; l’ensei­
gnement s’est perfectionné pour les autres branches, il est resté antique et
suranné pour l’art pianistique :
empirique

au lieu de devenir
méthodique.
L anatomie du poignet, la physiologie du cerveau, les
fonctions de la mémoire semblent ignorées, la machine humaine est malmenée.
Les ressorts sont brisés pour être adaptés par la force au piano.
Des réformes s’imposent donc; lesquelles?
Le professeur LESCHETIZKY (1), continuant les traditions de
son maître CZERNY et appliquant à la pédagogie pianistique les dernières
découvertes de la psychologie et de la physiologie, a accompli une véritable
révolution.
En suivant ses principes vous arriverez à :
1
)
Un jeu rationnel

remplaçant le jeu automatique et machinal.
utilisant le précieux avantage du poignet, con­
sidéré comme une articulation mobile et non
comme une barre rigide.
réglant l’allure des doigts suivant un rythme
gradué pour donner la prédominance à la vo­
lonté, au lieu de la laisser aux réflexes machi­
naux.
2°) Un jeu souple. .
3°) Un jeu systématique
4°)
Un jeu de mémoire

5°)
Un jeu hygiénique
en étudiant les règles précises pour apprendre
les morceaux par cœur.
véritable couronnement de l’éducation tant
physique qu intellectuelle du musicien, lui
permettant un emploi plus parfait de ses for­
ces et réalisant en même temps une véritable
économie du système nerveux.
(1) Parmi les élèves du maître devienne, il suffira peut-être de citer Essipof, Paderewsky,

Gabrilowitch, Galston, Marc Hambourg.


1° JEU RATIONNEL
COOPÉRATION MENTALE
Faire du mécanisme n’exige pas
, dit-on ordinairement, la
collaboration du cerveau et il suffit pour assouplir les doigts d’accumuler
heures d’exercice sur heures de gammes, sans penser à ce que l’on fait...
ERREUR
La quantité de travail (1) n’a jamais produit le perfection­
nement de l’individu, de même que le poids de son cerveau n’indique pas
sa supériorité. Le progrès vient de la
qualité du travail,
et cette qualité
dépend des rapports de
Y individu
qui agit avec l ’instrument qui obéit.
La maîtrise de la technique ne peut être réalisée qu’à l ’aide
de l’intelligence, car toute action physique est le reflet extérieur d’une image
intérieure ou mentale; les enfants comme les adultes sont soumis à cette loi.
Un individu vaut plus par son dynamisme vital que par sa
masse.
Rien n’étant l’œuvre du hasard,
vingt minutes
d’un exercice
dirigé et fécondé par l ’intelligence sont plus fructueuses que plusieurs heures
de travail machinal.
2° SOUPLESSE
Autrefois, on obligeait le débutant à mouvoir et à articuler
ses doigts
par force
en contractant les muscles de l ’avant-bras. Actuellement,
on a reconnu que la puissance du son et l’agilité des doigts s’obtiennent par
la souplesse. (Cf. plus loin la gymnastique.)
Le poignet, assoupli par un procédé spécial, permet aux
muscles des doigts d’obéir plus rapidement au cerveau; cette méthode évite
toute possibilité de crampes et de contractures.
L ’expérience m’a démontré que le jeu effectué avec le poi­
gnet raidi, provient d’une véritable contracture des muscles fléchisseurs et
extenseurs des doigts, annihilant le contrôle des centres cérébraux. Tout se
passe comme si cette sangle rigide formait un obstacle au passage de l ’influx
nerveux partant des centres de la volonté pour atteindre l’extrémité des
doigts.
Chaque organe doit être employé conformément à sa nature

et à sa fonction physiologique, en sorte qu’il rende le maximum de

résultats, avec le moins d’efforts, dans le minimum de temps.
(1)
Demeny
,
Physiologie des Professions.



3° JEU SYSTÉMATIQUE
JOUEZ LENTEMENT
, JOUEZ PEU ET A DIFFÉRENTES REPRISES
Ne croyez pas que la pratique et la répétition seules amènent
la perfection : c’est une erreur. La difficulté ne peut être vaincue que par
un travail gradue, en décomposant
1
exercice, serait-ce à différentes reprises.
On surmonte une difficulté en I analysant, non en l ’attaquant brutalement.
Inutile de chercher à sauter par-dessus un obstacle trop haut, mieux vaut
s’arrêter au pied et le gravir avec une sage lenteur.
Pour un amateur, il faut et il suffit d’une
demi-heure
à
deux

heures
de travail par jour.
Une fois
1
attention lassée, c’est-à-dire au bout de 60 minu­
tes maximum, le travail devient non seulement nul, mais nuisible.
Un amateur commençant le piano entre
20
et 30 ans, qui
y consacre une ou deux demi-heures par jour, arrivera certainement à un
talent suffisant pour exécuter toute la musique classique et la plupart des
morceaux modernes
s'il est dirigé intelligemment.
11
n’est jamais trop tard pour apprendre le piano, l ’âge pour
l’étude de cet instrument ne joue qu’un rôle secondaire.
Pour un futur virtuose, trois à quatre heures de travail par
jour
au maximum.
MOLIPHONE (1)
Chaque piano devrait être muni d’une sourdine spéciale,
permettant d’étudier avec une sonorité minimum. Le système nerveux très
affecté par la sonorité constante de l ’instrument supporterait plus aisément
les études. Celles-ci deviendraient par là même plus
fructueuses,
l ’usure du
piano diminuerait et le pianiste ne serait plus maudit de ses voisins.
C ’est un usage répandu de donner aux débutants sous prétexte
de piano d ’étude, le plus mauvais instrument de la maison. Cette pratique
détestable qui ralentit les progrès des petits, compromet souvent leur goût
musical. Elle tue le petit dieu,
le Feu Sacré,
sans lequel il n’y a pas
d ’artiste.
(1) Inventé par Emile Menesson, à Reims.
i-
existe un« étoffe imperméable au son. inventée par Gustave Lyon. Appliquée à
1 institut de gymnastique rythmique à Hellerau, elle a produit les meilleurs résultats.


4° MÉMOIRE
L ’
oreille,

l
es
doigts,

l
es
yeux
ont chacun
l
eur mémoire. La
mémoire oculaire est la seule fidèle.
C ’est à
l
’entraîner que doit tendre tout
votre effort; c’est à e
ll
e que
l
a p
l
upart des é
l
èves font
l
e moins souvent appe
l
,
parce qu’ils en ignorent l ’existence et l ’utilisation.
5° HYGIÈNE
L ’excessive nervosité des musiciens n’est due qu’à l ’intoxi­
cation de leur système nerveux. L ’inaction musculaire et le surmenage céré­
bral en sont les principales causes; le retour à la santé ne peut se faire que
lorsqu’ils auront éliminé par l ’exercice physique tous les poisons qui les
affaiblissent, en les déminéralisant.
Levez-vous un quart d’heure plus tôt et faites quelques exer­
cices d’assouplissement (
1
) pour donner à votre corps, à votre sang, à vos
vaisseaux, les soins qu’ils exigent et les rendre d’esclaves malades et récalci­
trants, serviteurs actifs et fidèles.
Faites chaque matin la toilette de vos muscles; une bonne
hygiène est une garantie de vigueur cérébrale et de maîtrise de soi (
2
).
La nervosité maladive qu entretiennent certains musiciens

n ajoute rien à leur talent. C'est le Romantisme qui a
mis
à la mode l'idée

de l'artiste chevelu, morbide, nerveux, capricieux... Il ne faut pas confondre

la sensiblerie
maladive avec la
sensibilité
artistique.
On oublie trop les grands artistes de la Renaissance, qui

furent des hommes magnifiquement équilibrés : M ichel-A nge, Rubens,

Léonard de Vinci, etc.
GYMNASTIQUE
Tous les muscles et toutes les articulations, entrant en ligne
de compte dans le jeu pianistique, doivent être, dès le commencement des
études, fortifiées et assouplies; outre une gymnastique générale du corps, il
convient d’éduquer les bras, les mains et de les fortifier par des massages
répétés, principalement au moment des séances d études et des executions.
Evitez absolument une
éducation locale
par laquelle certains
membres sont fortifiés au détriment des autres.
(
1) Gd. Hébert.
Education physique et raisonnée.
(2)
La contraction répétée des muscles des poignets et des doigts rend
,
même de l’avis des

médecins
,
le piano un exercice salutaire.
Les flexions et extensions des doigts
,
— m assage actif
,
préventif contre la “ r o u ille ” a rth ri­
tique entretiennent encore à cet âge avancé la souplesse des m ains.



Nous avons vu
l
e rô
l
e indispensab
l
e de
l
a soup
l
esse du poignet
pour
l
a puissance du son; ce
ll
e
-ci peut être considérablement augmentée à
1
aide de la gymnastique, des exercices respiratoires et du sport.
LA RESPIRATION
C ’est un auxiliaire précieux pour exécuter les passages diffi­
ciles. II serait bon de combiner ensemble les exercices du piano et de la
respiration.
LES SPORTS
Plusieurs musiciens, et des plus célèbres, ont reconnu l ’in­
fluence bienfaisante du sport; ils s’y sont livrés et leur art en a bénéficié indi­
rectement. C ’est une légende établie parmi les musiciens que le sport et l ’art
sont incompatibles; la délicatesse du toucher ne souffre en rien des exercices
sportifs, surtout de ceux de souplesse.
LA PUISSANCE DU SON
En est, au contraire, singulièrement accrue.
AMBIDEXTERITÉ
Le piano exigeant l’usage des
deux mains,
il serait prudent
dans l ’éducation des enfants de développer l ’usage constant de la main
gauche et de la main droite. La main gauche ayant son centre à droite et
la main droite à gauche, du cerveau celui-ci se trouvera développé d’une façon
symétrique, les exercices executes par la main gauche serviront à la droite et
augmenteront l ’adresse générale.
SURMENAGE
L eléve est avant tout un être humain qui a besoin de
soins

intellectuels) et physiques
afin d’être à même de remplir plus tard ses devoirs
sociaux. Le professeur de musique doit attirer l ’attention de ses élèves sur
les dangers qu offre
1

etude automatique
et
ardue
si funeste à la santé ainsi
que I inutilité d un
premier prix
obtenu à force de sacrifices et d’efforts
surhumains.



Les qua
l
ités essentie
ll
es d’une personna
l
ité artistique sont
Vénergie
et
l
a
concentration,

l
a facu
l
té de concevoir rapidement
, une bonne
mémoire, de la souplesse et de l’endurance physique, ainsi qu’une bonne
oreille et un profond sentiment musical.
Intéressez-vous à toutes les questions sociales, artistiques,
littéraires et scientifiques; vous développerez ainsi votre intelligence tout en
accroissant votre puissance réceptive.
LE TRAC
C ’est une véritable maladie du système nerveux, une forme
d’intoxication, suite du surmenage en milieu confiné et de l’inaction muscu­
laire.
L ’exercice physique détruira le trac.
Cultivez Votre statue,
disaient les Grecs,
et vous aurez le plein

pouvoir de votre volonté.
En augmentant Votre Valeur physique, Vous décuplerez Votre

valeur artistique et morale.
Professeur Lucien
d
E FLAGNY.
ΠU V R E S DE :
Abel
D
ecaux
,
Paul
H
illemacher
,
Marcel
L
ab
EY,
Paul
LADMIRAULT,
Maurice
PESSE,
Déodat
DE SÉVERAC,
Louis
VuiLLEMIN,
etc.
E
ditions

S .
CHAPELIER

■ 2 9 , Rue Damrémont ■
et 1, rue Félix-Ziem, Paris
Sole Agents for the British Empire :
BREITKOPF
and
HARTEL
54, Great Marlborough Street
LONDON W .














F
lo r e n t

SCHMITT
Pièces Rom antiques
0
(Op. 42) pour Piano à deux mains
I. Lied t e n d r e ................................................. Net 2 »
II. B arcaro
ll
e.......................................................
» 2 »
III. Va
l
se nosta
l
gique........................................
» 2 >>
IV. Im p ro v isatio n ............................................
»
2
V. N o c tu r n e .....................................................
»
2
»
VI.
S o u v e n ir ......................................................
»
2
»
Les six pièces réunies en recuei
l
..................
»
6
»
H um oresques
0

0
(Op. 43) pour Piano à quatre m ains
I. M arche m i
l
itaire
. . . .
Transcrites
pour Piano à
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l
’Auteur
deux mains
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2
»
II. R ondeau................................ »
2
50
»
2
»
III. B u c o liq u e ...........................
»
2
50
»
2
»
IV. Sch erzetto ...........................
»
2
50
»
2
»
V. Valse sentimentale
• • .
»
2
»
»
1
50
VI. Danse grotesque
. . .
»
2
50
»
2
»
Les six pièces réunies en recueil
»
8
»
»
6
»
MELODIES
pour CHANT avec accomp* de Piano :
O triste était mon A m e
(oP. 5 5 ) ...........................
Net
2
»
(Paul
V
erlaine
)
Quatre Lieds
(op. 45)
I. Où vivre (Jean
R lC H E PIN )
............................ Net 1 35
II. Evocation



» J
35
III. Fleurs décloses (Catulle
B
l
ÉE) . . .
»
J 35
IV. Ils ont tué trois petites Filles
(M. M
aeterlinck
) ............................
» 1 70
Les quatre lieds réunis en recueil......................
» 3 »
L’accompagnement d’orchestre, pour ces cinq mélodies, en location chez l’éditeur.
Sole Agents for the British Empire :
BREITKOPF AND H Ä R TE L
54, Great Marlborough Street, London W.
EDITIONS S. CHAPELIER
29, Rue Damrémont, PARIS
TOLMER
&
Cie, Imp., PARIS

extracted text

HORTENSE
JLE PIANO
s á c t W
s é
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1914,













AVANT-PROPOS
Il n y a pas de petits bienfaiteurs de F humanité. Celui qui aide la

créature humaine dans un des mille efforts de sa vie quotidienne, mérite d ’être

considéré comme tel. Chacun a fait le rêve, sinon de devenir un virtuose

consommé, du moins d’être à même de déchiffrer avec facilité une partition,

d interpréter fidèlement et en artiste une mélodie d’un des grands maîtres de

la musique. Mais ce qui rebute tout le monde pour arriver à satisfaire cette

ambition, c ’est l’aridité de ces premières leçons dont chacun garde un pénible

souvenir.
Or, M. de Flagny a accompli un petit miracle fort semblable à celui

de Saint-François retirant leurs épines aux roses. Son ingénieuse méthode

dépouille l’étude du piano de tout ce q u elle avait justement de rebutant avec

ses fallacieux exercices, la longue monotonie de son piétinement, ses impa­
tientants et interminables recommencements.
M. de Flagny a su préconiser la M éthode de l’intelligence, à

laquelle la grâce aisée, charmante et légère d’
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Hortense, ou le Piano sans

larme
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sert de préface fantaisiste et badine.
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PE TIT D IA L O G U E

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P IA N O
Personnages : HORTENSE
, 12 ans,
COLETTE, 13 ans.
M.
a scène représente un salon moderne. Hortense est au piano et accueille d ’un sourire satisfait

son am ie Colette qui fait son entrée.
COLETTE
Bonjour, Hortense. Comment? Tu étudies ton piano à cette heure-ci, et un
jour de congé ! Tu disais toujours que rien au monde ne t’ennuyait davantage !
HORTENSE
s’arrête de jouer, mais toujours perchée sur son tabouret :
Attends, Colette, trois petites mesures et je suis à toi.
(Elle aehève très gen­
timent une sonate de Mozart. Puis, pirouettant sur son tabouret : C o m m e n t tro u v e s-tU Ça ?
COLETTE
l ’air connaisseur
Charmant! Quel progrès, ma chère. Alors tu aimes le piano, à présent?
HORTENSE
Je l’adore.
COLETTE
de plus en plus femme du monde
Ah ! je n’en reviens pas. Non, mais toi pour qui c’était la croix et la
bannière de te mettre à l’étudier, ou plutôt à faire semblant d’étudier. Car enfin,
ta mère le disait encore à maman cet été : (( Hortense est parfaitement insup­
portable, dès qu’il s’agit de musique ». Dis, Hortense, tu es convertie. A h !



c est trop drô
l
e
, raconte-moi ton histoire. Quelle scie pourtant ce piano, j’en sais
quelque chose, moi.
HORTENSE
C est que tu ne connaie pas la bonne manière, Colette.
COLETTE
Incrédule et supérieure
Et c est ta Mlle Fagot qui est arrivée à ce résultat incroyable ?
HORTENSE
Mlle Fagot !... Ah ! la la ! non. C ’est justement elle qui me rendait le piano
odieux.
COLETTE
Et tu crois que c’est plus rigolo avec le père Maréchal !
HORTENSE
En voilà un professeur ! Te donne-t-il aussi
des tapes avec ses longs doigts maigres.
COLETTE
Bien sûr, le méchant : et il en a encore
des inventions ! Est-ce que Mile Fagot ne te
posait pas aussi pendant la leçon deux sous
sur le dos de la main ?
HORTENSE
Mais oui ; et on devait les conserver
ainsi et bien prendre garde à ce qu’ils ne
tombent pas. Mais la guigne, c’est qu’ils
n’étaient pas plutôt placés sur la main, que
pouf ! les voilà qui roulaient par terre, et
jamais je n’ai pu acheter le plus petit sucre
d’orge avec.
COLETTE
Et le coup du verre d’eau, elle te l’a fait
aussi ?
HORTENSE
Vous jouez du bras, grinchait Mlle Fagot..
Le critérium... en voilà des mois, hein! c’est
bien son genre ? Le critérium c’est que vous
puissiez mettre un verre d’eau sur votre main, et que pendant tout le morceau,
il ne bouge pas plus que la plume de mon chapeau. Mademoiselle partie, je
cours essayer, mais ma chère, quel cataclysme ! Patatra, voilà le verre sur le
clavier. Le piano, ce qu’il a pris comme déluge, et le parquet, quelle mare !
Maman m’a dit que ma robe était perdue ! Papa m’a grondée, et j ’ai été
privée de dessert. J ’en ai été bien guérie, de ce truc-là.
Mlle FAGOT


COLETTE
Est
-ce qu’elle ne te forçait pas aussi à rester des heures sur ton tabouret,
en tapotant bêtement, les bras au corps comme un poulet, quand Euphrasie,
la cuisinière, va le mettre à la broche.
HORTENSE
J ’en pleurais....... aussi, elle et le piano, je les avais pris également en
grippe.
COLETTE
Eh ! bien alors, où est le miracle !
HORTENSE
Primo, plus de Mlle Fagot!
COLETTE
Et le nouveau professeur ? gentil ?
HORTENSE, avec conviction
Adorable.......
(enjouée)
C ’est maman.
COLETTE
Ta mère ? Comment ? Elle peut te
donner tes leçons?
HORTENSE
Oui, parce qu’elle a appris un 'système merveilleux, grâce auquel on
rrayaille avec le même plaisir que si on jouait à la poupee.
LE CRITERIUM.
COLETTE
Ça, c’est trop fort !
HORTENSE
Et puis, tu sais, au lieu d’étudier des heures, comme avec Mlle Fagot,
j’étudie deux quarts d’heure, et des quarts d’heure qui filent comme une lettre
à la poste.
COLETTE
Dis-donc, sais-tu que c est
stupéfiant. Comme dit Magda,
la gouvernante, c’est colossal.
Alors maintenant, tu aimes le
piano ? toi qui l’avais en hor­
reur. Tu ne travailles qu’une
demi-heure, et tu avances com­
me avec des bottes de sept
lieues, tandis que moi
(à la fois
importante et vexée)
qui
SUIS to n
aînée...
EUPHRASIE, la cuisinière.



. .
HORTENSE
sans aucune modestie
Le p
l
us invraisemb
l
ab
l
e
, c’est que je joue à présent des choses intéres­
santes, passionnantes, des auteurs pour grandes personnes ; des morceaux que
maman entend le dimanche chez Colonne, chez Chevillard.
COLETTE
Incrédule.
Tu ne travailles qu’une demi-heure et tu avances comme avec des bottes de sept lieues.
HORTENSE
Comme je te le dis, ma petite, du Mozart, du Beethoven, du Schumann,
et même des modernes : Fauré, Ravel, Florent Schmitt... Voilà qui vous pose
tout de suite.
Enthousiasmée
COLETTE
Mais moi aussi je veux jouer tout ça.
HORTENSE
C ’est bien facile : suis ma méthode.
COLETTE
Où la trouver ?
HORTENSE
Tiens, et n’oublie pas le nom ce son auteur.
Colette prend le livre des m ains de son am ie et lit su r la couverture
HORTENSE
ou Le Piano sans larm es
par Lucien de FLAGNY





“LA MÉTHODE DE L’INTELLIGENCE”
ESSAI DE RÉNOVATION DE L’ENSEIGNEMENT PIANISTIQUE
*
Le
PIANO
se prête à toutes les fantaisies de l’im agi­
nation ; c’est l ’am i
,
le confident de nos p lu s intimes

pensées. *
Employez chaque organe conformément à sa nature,

à sa fonction physiologique...
Et il rendra le maximum de résultats, avec le moins

d’efforts, dans le minimum de temps.
L ÉTUDE DU PiANO n est pas encore bien comprise; l’ensei­
gnement s’est perfectionné pour les autres branches, il est resté antique et
suranné pour l’art pianistique :
empirique

au lieu de devenir
méthodique.
L anatomie du poignet, la physiologie du cerveau, les
fonctions de la mémoire semblent ignorées, la machine humaine est malmenée.
Les ressorts sont brisés pour être adaptés par la force au piano.
Des réformes s’imposent donc; lesquelles?
Le professeur LESCHETIZKY (1), continuant les traditions de
son maître CZERNY et appliquant à la pédagogie pianistique les dernières
découvertes de la psychologie et de la physiologie, a accompli une véritable
révolution.
En suivant ses principes vous arriverez à :
1
)
Un jeu rationnel

remplaçant le jeu automatique et machinal.
utilisant le précieux avantage du poignet, con­
sidéré comme une articulation mobile et non
comme une barre rigide.
réglant l’allure des doigts suivant un rythme
gradué pour donner la prédominance à la vo­
lonté, au lieu de la laisser aux réflexes machi­
naux.
2°) Un jeu souple. .
3°) Un jeu systématique
4°)
Un jeu de mémoire

5°)
Un jeu hygiénique
en étudiant les règles précises pour apprendre
les morceaux par cœur.
véritable couronnement de l’éducation tant
physique qu intellectuelle du musicien, lui
permettant un emploi plus parfait de ses for­
ces et réalisant en même temps une véritable
économie du système nerveux.
(1) Parmi les élèves du maître devienne, il suffira peut-être de citer Essipof, Paderewsky,

Gabrilowitch, Galston, Marc Hambourg.


1° JEU RATIONNEL
COOPÉRATION MENTALE
Faire du mécanisme n’exige pas
, dit-on ordinairement, la
collaboration du cerveau et il suffit pour assouplir les doigts d’accumuler
heures d’exercice sur heures de gammes, sans penser à ce que l’on fait...
ERREUR
La quantité de travail (1) n’a jamais produit le perfection­
nement de l’individu, de même que le poids de son cerveau n’indique pas
sa supériorité. Le progrès vient de la
qualité du travail,
et cette qualité
dépend des rapports de
Y individu
qui agit avec l ’instrument qui obéit.
La maîtrise de la technique ne peut être réalisée qu’à l ’aide
de l’intelligence, car toute action physique est le reflet extérieur d’une image
intérieure ou mentale; les enfants comme les adultes sont soumis à cette loi.
Un individu vaut plus par son dynamisme vital que par sa
masse.
Rien n’étant l’œuvre du hasard,
vingt minutes
d’un exercice
dirigé et fécondé par l ’intelligence sont plus fructueuses que plusieurs heures
de travail machinal.
2° SOUPLESSE
Autrefois, on obligeait le débutant à mouvoir et à articuler
ses doigts
par force
en contractant les muscles de l ’avant-bras. Actuellement,
on a reconnu que la puissance du son et l’agilité des doigts s’obtiennent par
la souplesse. (Cf. plus loin la gymnastique.)
Le poignet, assoupli par un procédé spécial, permet aux
muscles des doigts d’obéir plus rapidement au cerveau; cette méthode évite
toute possibilité de crampes et de contractures.
L ’expérience m’a démontré que le jeu effectué avec le poi­
gnet raidi, provient d’une véritable contracture des muscles fléchisseurs et
extenseurs des doigts, annihilant le contrôle des centres cérébraux. Tout se
passe comme si cette sangle rigide formait un obstacle au passage de l ’influx
nerveux partant des centres de la volonté pour atteindre l’extrémité des
doigts.
Chaque organe doit être employé conformément à sa nature

et à sa fonction physiologique, en sorte qu’il rende le maximum de

résultats, avec le moins d’efforts, dans le minimum de temps.
(1)
Demeny
,
Physiologie des Professions.



3° JEU SYSTÉMATIQUE
JOUEZ LENTEMENT
, JOUEZ PEU ET A DIFFÉRENTES REPRISES
Ne croyez pas que la pratique et la répétition seules amènent
la perfection : c’est une erreur. La difficulté ne peut être vaincue que par
un travail gradue, en décomposant
1
exercice, serait-ce à différentes reprises.
On surmonte une difficulté en I analysant, non en l ’attaquant brutalement.
Inutile de chercher à sauter par-dessus un obstacle trop haut, mieux vaut
s’arrêter au pied et le gravir avec une sage lenteur.
Pour un amateur, il faut et il suffit d’une
demi-heure
à
deux

heures
de travail par jour.
Une fois
1
attention lassée, c’est-à-dire au bout de 60 minu­
tes maximum, le travail devient non seulement nul, mais nuisible.
Un amateur commençant le piano entre
20
et 30 ans, qui
y consacre une ou deux demi-heures par jour, arrivera certainement à un
talent suffisant pour exécuter toute la musique classique et la plupart des
morceaux modernes
s'il est dirigé intelligemment.
11
n’est jamais trop tard pour apprendre le piano, l ’âge pour
l’étude de cet instrument ne joue qu’un rôle secondaire.
Pour un futur virtuose, trois à quatre heures de travail par
jour
au maximum.
MOLIPHONE (1)
Chaque piano devrait être muni d’une sourdine spéciale,
permettant d’étudier avec une sonorité minimum. Le système nerveux très
affecté par la sonorité constante de l ’instrument supporterait plus aisément
les études. Celles-ci deviendraient par là même plus
fructueuses,
l ’usure du
piano diminuerait et le pianiste ne serait plus maudit de ses voisins.
C ’est un usage répandu de donner aux débutants sous prétexte
de piano d ’étude, le plus mauvais instrument de la maison. Cette pratique
détestable qui ralentit les progrès des petits, compromet souvent leur goût
musical. Elle tue le petit dieu,
le Feu Sacré,
sans lequel il n’y a pas
d ’artiste.
(1) Inventé par Emile Menesson, à Reims.
i-
existe un« étoffe imperméable au son. inventée par Gustave Lyon. Appliquée à
1 institut de gymnastique rythmique à Hellerau, elle a produit les meilleurs résultats.


4° MÉMOIRE
L ’
oreille,

l
es
doigts,

l
es
yeux
ont chacun
l
eur mémoire. La
mémoire oculaire est la seule fidèle.
C ’est à
l
’entraîner que doit tendre tout
votre effort; c’est à e
ll
e que
l
a p
l
upart des é
l
èves font
l
e moins souvent appe
l
,
parce qu’ils en ignorent l ’existence et l ’utilisation.
5° HYGIÈNE
L ’excessive nervosité des musiciens n’est due qu’à l ’intoxi­
cation de leur système nerveux. L ’inaction musculaire et le surmenage céré­
bral en sont les principales causes; le retour à la santé ne peut se faire que
lorsqu’ils auront éliminé par l ’exercice physique tous les poisons qui les
affaiblissent, en les déminéralisant.
Levez-vous un quart d’heure plus tôt et faites quelques exer­
cices d’assouplissement (
1
) pour donner à votre corps, à votre sang, à vos
vaisseaux, les soins qu’ils exigent et les rendre d’esclaves malades et récalci­
trants, serviteurs actifs et fidèles.
Faites chaque matin la toilette de vos muscles; une bonne
hygiène est une garantie de vigueur cérébrale et de maîtrise de soi (
2
).
La nervosité maladive qu entretiennent certains musiciens

n ajoute rien à leur talent. C'est le Romantisme qui a
mis
à la mode l'idée

de l'artiste chevelu, morbide, nerveux, capricieux... Il ne faut pas confondre

la sensiblerie
maladive avec la
sensibilité
artistique.
On oublie trop les grands artistes de la Renaissance, qui

furent des hommes magnifiquement équilibrés : M ichel-A nge, Rubens,

Léonard de Vinci, etc.
GYMNASTIQUE
Tous les muscles et toutes les articulations, entrant en ligne
de compte dans le jeu pianistique, doivent être, dès le commencement des
études, fortifiées et assouplies; outre une gymnastique générale du corps, il
convient d’éduquer les bras, les mains et de les fortifier par des massages
répétés, principalement au moment des séances d études et des executions.
Evitez absolument une
éducation locale
par laquelle certains
membres sont fortifiés au détriment des autres.
(
1) Gd. Hébert.
Education physique et raisonnée.
(2)
La contraction répétée des muscles des poignets et des doigts rend
,
même de l’avis des

médecins
,
le piano un exercice salutaire.
Les flexions et extensions des doigts
,
— m assage actif
,
préventif contre la “ r o u ille ” a rth ri­
tique entretiennent encore à cet âge avancé la souplesse des m ains.



Nous avons vu
l
e rô
l
e indispensab
l
e de
l
a soup
l
esse du poignet
pour
l
a puissance du son; ce
ll
e
-ci peut être considérablement augmentée à
1
aide de la gymnastique, des exercices respiratoires et du sport.
LA RESPIRATION
C ’est un auxiliaire précieux pour exécuter les passages diffi­
ciles. II serait bon de combiner ensemble les exercices du piano et de la
respiration.
LES SPORTS
Plusieurs musiciens, et des plus célèbres, ont reconnu l ’in­
fluence bienfaisante du sport; ils s’y sont livrés et leur art en a bénéficié indi­
rectement. C ’est une légende établie parmi les musiciens que le sport et l ’art
sont incompatibles; la délicatesse du toucher ne souffre en rien des exercices
sportifs, surtout de ceux de souplesse.
LA PUISSANCE DU SON
En est, au contraire, singulièrement accrue.
AMBIDEXTERITÉ
Le piano exigeant l’usage des
deux mains,
il serait prudent
dans l ’éducation des enfants de développer l ’usage constant de la main
gauche et de la main droite. La main gauche ayant son centre à droite et
la main droite à gauche, du cerveau celui-ci se trouvera développé d’une façon
symétrique, les exercices executes par la main gauche serviront à la droite et
augmenteront l ’adresse générale.
SURMENAGE
L eléve est avant tout un être humain qui a besoin de
soins

intellectuels) et physiques
afin d’être à même de remplir plus tard ses devoirs
sociaux. Le professeur de musique doit attirer l ’attention de ses élèves sur
les dangers qu offre
1

etude automatique
et
ardue
si funeste à la santé ainsi
que I inutilité d un
premier prix
obtenu à force de sacrifices et d’efforts
surhumains.



Les qua
l
ités essentie
ll
es d’une personna
l
ité artistique sont
Vénergie
et
l
a
concentration,

l
a facu
l
té de concevoir rapidement
, une bonne
mémoire, de la souplesse et de l’endurance physique, ainsi qu’une bonne
oreille et un profond sentiment musical.
Intéressez-vous à toutes les questions sociales, artistiques,
littéraires et scientifiques; vous développerez ainsi votre intelligence tout en
accroissant votre puissance réceptive.
LE TRAC
C ’est une véritable maladie du système nerveux, une forme
d’intoxication, suite du surmenage en milieu confiné et de l’inaction muscu­
laire.
L ’exercice physique détruira le trac.
Cultivez Votre statue,
disaient les Grecs,
et vous aurez le plein

pouvoir de votre volonté.
En augmentant Votre Valeur physique, Vous décuplerez Votre

valeur artistique et morale.
Professeur Lucien
d
E FLAGNY.
ΠU V R E S DE :
Abel
D
ecaux
,
Paul
H
illemacher
,
Marcel
L
ab
EY,
Paul
LADMIRAULT,
Maurice
PESSE,
Déodat
DE SÉVERAC,
Louis
VuiLLEMIN,
etc.
E
ditions

S .
CHAPELIER

■ 2 9 , Rue Damrémont ■
et 1, rue Félix-Ziem, Paris
Sole Agents for the British Empire :
BREITKOPF
and
HARTEL
54, Great Marlborough Street
LONDON W .














F
lo r e n t

SCHMITT
Pièces Rom antiques
0
(Op. 42) pour Piano à deux mains
I. Lied t e n d r e ................................................. Net 2 »
II. B arcaro
ll
e.......................................................
» 2 »
III. Va
l
se nosta
l
gique........................................
» 2 >>
IV. Im p ro v isatio n ............................................
»
2
V. N o c tu r n e .....................................................
»
2
»
VI.
S o u v e n ir ......................................................
»
2
»
Les six pièces réunies en recuei
l
..................
»
6
»
H um oresques
0

0
(Op. 43) pour Piano à quatre m ains
I. M arche m i
l
itaire
. . . .
Transcrites
pour Piano à
ar
l
’Auteur
deux mains
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50 Net
2
»
II. R ondeau................................ »
2
50
»
2
»
III. B u c o liq u e ...........................
»
2
50
»
2
»
IV. Sch erzetto ...........................
»
2
50
»
2
»
V. Valse sentimentale
• • .
»
2
»
»
1
50
VI. Danse grotesque
. . .
»
2
50
»
2
»
Les six pièces réunies en recueil
»
8
»
»
6
»
MELODIES
pour CHANT avec accomp* de Piano :
O triste était mon A m e
(oP. 5 5 ) ...........................
Net
2
»
(Paul
V
erlaine
)
Quatre Lieds
(op. 45)
I. Où vivre (Jean
R lC H E PIN )
............................ Net 1 35
II. Evocation



» J
35
III. Fleurs décloses (Catulle
B
l
ÉE) . . .
»
J 35
IV. Ils ont tué trois petites Filles
(M. M
aeterlinck
) ............................
» 1 70
Les quatre lieds réunis en recueil......................
» 3 »
L’accompagnement d’orchestre, pour ces cinq mélodies, en location chez l’éditeur.
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