La collection Accart
Légué en 1676 à l’abbaye Sainte-Geneviève par le collectionneur Nicolas Accart (vers 1620-1676), cet ensemble comporte vingt-quatre recueils d’estampes des XVIe et XVIIe siècles, contenant environ 3 200 pièces. Appartenant à la bourgeoise de robe, fils d’un conseiller du roi, substitut du procureur général au Parlement de Paris, Nicolas Accart est un fervent amateur d’art et de musique, collectionneur d’estampes, livres, tableaux, miniatures, médailles, armes, instruments de musique… Il réunit une collection d’estampes riche de 7 000 pièces environ qu’il lègue à sa mort, en 1676, aux abbayes Sainte-Geneviève, Saint-Germain-des-Prés et Saint-Victor, avec une partie de sa fortune et de son cabinet de curiosités. Les lots attribués à Saint-Germain et Saint-Victor ont été dispersés. En revanche, à l’exception d’environ 150 estampes prélevées au XIXe siècle pour la Bibliothèque nationale, la collection Accart de la bibliothèque Sainte-Geneviève a été bien préservée et y constitue le noyau originel du fonds d’estampes anciennes. Les gravures, provenant souvent d’ouvrages imprimés d’où elles ont été découpées, ont été classées par thèmes et collées dans des recueils reliés, chacun étant consacré à un sujet particulier : iconographie biblique, hagiographie, antiquités gréco-romaines, architecture, paysages, zoologie, botanique…

31- Antonio SALAMANCA, Arc de Constantin, vers 1560, burin. FOL W 101 INV 126 RES (P.5)
Cette représentation de l’arc de Constantin provient du Speculum Romanae Magnificentiae (le Miroir de la Magnificence romaine), recueil de grandes gravures des principaux monuments antiques de Rome édité à partir des années 1540 par Antonio Salamanca (vers 1500-1562) et Antonio Lafreri (1512-1577). Cet arc de triomphe, aux proportions harmonieuses, est le plus grand et le mieux conservé de Rome ; il fut moins endommagé que les autres en raison de son association avec le premier empereur chrétien, Constantin, converti au christianisme à la suite de la bataille du Pont Milvius qu’il remporta sur Maxence en 312. Érigé en 315 pour commémorer cette bataille, qui marque la victoire du monde chrétien sur le monde païen, il comporte une riche décoration de frises et de médaillons.

32- Frans HUYS d’après BRUEGEL, Voilier en pleine mer, 1561, eau-forte et burin.
FOL W 244 INV 357 RES (P.101)
Ce navire armé à quatre mâts, naviguant en pleine mer et se dirigeant vers un port qui se devine au loin, gravé par Frans Huys (1522-1562) d’après un dessin de Bruegel (vers 1525-1569), se rattache à une série de dix estampes du maître représentant avec minutie et précision différents vaisseaux (bâtiments de guerre lourdement armés, galères, navires marchands, bateaux de pêche…) voguant par temps calme ou en pleine tempête, à proximité d’un port ou en haute mer. Les voyages maritimes lointains connaissent alors un essor grâce aux grandes découvertes et au développement du commerce international. Bruegel inaugure là le genre de la marine, qui connaîtra une grande popularité.