La collection topographique de Guénebault

Cette collection est très riche en estampes topographiques qui constituent une part des sources du Dictionnaire iconographique des monuments de l’antiquité chrétienne et du moyen âge publié par Guénebault en 1843-1845. Pour chaque article de ce dictionnaire, il indique toutes les gravures qu’il a recensées sur le sujet dans les publications des érudits et antiquaires de l’Ancien Régime et des archéologues de son époque. Ces séries topographiques, classées par villes, comportent environ 8 500 estampes (environ 1 500 pour Paris, 5 000 pour les provinces de France et 2 000 pour les pays étrangers). Cette collection comprend ainsi de nombreuses représentations de l’abbaye et de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et présente l’avantage de conserver le souvenir de monuments détruits comme l’église Sainte-Geneviève.

 

 

 

22- Jacques VAN MERLEN, Eglises Saint-Etienne-du-Mont et Sainte-Geneviève, après 1650, burin et pointe sèche.
COLL GUEN ICONO TOPO 10 RES (P.32)

Cette estampe de Jacques Van Merlen (1616-1682), éditeur et marchand d’estampes flamand, originaire d’Anvers, établi à Paris, rue Saint-Jacques, permet de connaître l’aspect d’un monument disparu : l’église abbatiale de Sainte-Geneviève, dont la fondation remonte au début du VIe siècle : Clovis l’avait initialement érigée sous le vocable de basilique des Saints-Apôtres (Pierre et Paul). Sa crypte abritait les tombeaux de Clovis, Clotilde et sainte Geneviève, qui en avait souhaité l’édification. Au XVIe siècle est édifiée l’église paroissiale de Saint-Étienne-du-Mont, qui est accolée à l’église abbatiale. Celle-ci est détruite en 1807 lors du percement de la rue Clovis, et il n’en subsiste que le clocher, la « tour Clovis » dans l’actuel lycée Henri-IV.

 

 

 

23- Franz ERTINGER‎, Vue intérieure du chœur de l’ancienne église Sainte-Geneviève à Paris, fin XVIIe siècle, burin.
COLL GUEN ICONO TOPO 10 RES (P.33)

Cette gravure de Franz Ertinger (1640-1710) donne l’une des rares représentations de la châsse de sainte Geneviève dans le chœur de l’église qui porte son nom, châsse que l’on descendait de son piédestal lors de fréquentes processions. Objet d’un culte fervent tout au long de l’Ancien Régime, les reliques de la sainte étaient transportées solennellement depuis l’abbaye Sainte-Geneviève jusqu’à Notre-Dame de Paris selon un rituel hautement codifié, afin de lutter contre les fléaux qui frappaient la population parisienne : guerres, inondations, épidémies, disettes…

 

 

 

24- Émile Edmond OLLIVIER, Vue de l’ancienne église Sainte-Geneviève, extraite de la Statistique monumentale de Paris d’Albert LENOIR, 1867, burin.
COLL GUEN ICONO TOPO 10 RES (P.38)

Cette reconstitution archéologique, gravée sur cuivre par Émile Edmond Ollivier (1800-1864), donne une vue de l’église Sainte-Geneviève (détruite sous l’Empire) telle qu’elle apparaissait avant la construction de Saint-Étienne-du-Mont ; elle est extraite de la Statistique monumentale de Paris qu’Albert Lenoir (1801-1891) entreprend en 1835 et achève en 1867 pour dénombrer et décrire les monuments historiques de la capitale. Membre du Comité des arts et monuments, directeur du Musée de Cluny (qu’il installe dans l’ancien palais des thermes réuni à l’hôtel de Cluny), il publie notamment une Architecture monastique (1852).

 

 

 

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