Partenariats et réseaux

 


Les bibliothèques Sainte-Geneviève et Gaston-Miron offrant en France les deux plus riches collections sur le Québec, elles se retrouvent naturellement autour de projets communs. Elles peuvent aussi s’appuyer sur des partenaires scientifiques et culturels des deux côtés de l’Atlantique, tels que la Commission des lieux de mémoires communs, l’Association internationale des études québécoises ou encore la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Qu’il s’agisse de mettre en avant un patrimoine commun, de participer aux réseaux de recherche ou de célébrer le dynamisme de l’édition québécoise, ces partenariats illustrent la richesse des relations qui se tissent autour du Québec.

 

 

 

Commission de la mémoire franco-québécoise

Janine GIRAUD-HERAUD, Gilbert PILLEUL dir.,
Ile-de-France, Paris : Commission franco-québécoise
sur les lieux de mémoire communs, 2012
DELTA 102223 BGM

Organisme binational créé en 1996 par le ministre Marcel Masse, par la suite délégué du Québec à Paris, et par Henri Réthoré, ambassadeur de France et consul général de France à Québec, la Commission de la mémoire franco-québécoise (CMFQ) est un carrefour de bénévoles et de partenaires. Elle recherche et met en valeur l’héritage commun franco-québécois tel que des événements, des bâtiments et des personnages. Active depuis près de trente ans des deux côtés de l’Atlantique, la Commission réalise des inventaires, des plaques commémoratives, des circuits mémoriels, des colloques, des publications. Sont proposés quelques exemples d’ouvrages qu’elle a produits ou dont elle a soutenu la publication comme la collection Ces villes et villages de France,… berceau de l’Amérique française mais aussi des recueils de textes illustrant les relations privilégiées nouées grâce au général de Gaulle. Plus récemment, un colloque en ligne a réuni, fin 2021, un public franco-québécois autour du thème du parlementarisme féminin. Tous les livres sont extraits des fonds des bibliothèques Gaston-Miron et Sainte-Geneviève.

 

 

Patrimoines partagés La France aux Amériques

Auguste-Denis FOUGEROUX DE BONDAROY, Pesche de la morue au banc de Terre Neuve, 1771
Ms 4316

La bibliothèque Sainte-Geneviève collabore au projet « Patrimoines Partagés » lancé par la BnF en 2017, soit un ensemble de bibliothèques numériques constitué afin de retracer la richesse des relations entre la France et diverses régions du monde au fil des siècles. Elle a rejoint en 2019 le réseau de « La France aux Amériques », portail illustrant dans une première phase la présence de la France sur le continent nord-américain, depuis les grandes explorations jusqu’à la fin du XIXe siècle, en favorisant les relations entre bibliothèques, institutions culturelles et communautés de chercheurs. En partenariat avec la Bibliothèque Archives nationales du Québec et la Bibliothèque et Archives Canada, mais aussi la Library of Congress, la British Library, la New York Public Library, The Historic New Orleans Collection, les universités d’Harvard, Columbia, Princeton, John Carter Brown sans oublier des établissements français, la bibliothèque Sainte-Geneviève propose des estampes, manuscrits et imprimés de la Réserve et du Fonds général concernant la Nouvelle-France. Les thèmes sont variés, des questions de pêche jusqu’aux brochures célébrant les relations privilégiées entre la France et la province, comme celles du vice-amiral Cavelier de Cuverville ou du professeur et journaliste A.-Léo Leymarie. Les documents sont aussi consultables via la bibliothèque numérique Genovefa.

 

 

Imaginaires nordiques

Daniel CHARTIER et Jean DÉSY, La nordicité du Québec :
entretiens avec Louis-Edmond
Hamelin,
Québec : Presses de l’Université du Québec, 2014
8 NN 8756 NOR

La culture québécoise est évidemment influencée par la nordicité de son territoire. L’hiver, le froid et la neige imprègnent les imaginaires et s’invitent dans toutes les formes d’art et dans tous les genres littéraires. Le Québec partage cet imaginaire avec bien d’autres espaces géographiques comme les pays scandinaves, le Groenland ou l’Arctique. Le Laboratoire international de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, dirigé par Daniel Chartier, professeur à l’Université du Québec à Montréal, s’intéresse tout particulièrement aux cultures issues de cette zone circumpolaire. En 2007, Daniel Chartier est le premier titulaire de la Chaire d’études sur le Québec contemporain de la Sorbonne Nouvelle et il intervient régulièrement à la Bibliothèque nordique. Si cette nordicité a donné lieu à bien des clichés, de l’explorateur au coureur des bois en passant par le chasseur de phoques, elle est aussi une façon d’affirmer une appartenance au territoire nord-américain et de définir une identité. Cette réappropriation est particulièrement présente dans les littératures autochtones qui s’attachent à renouer avec les cultures ancestrales tout en s’éloignant des lieux communs. Ce patrimoine culturel passe également par la langue, comme chez la poète innue Joséphine Bacon qui nous offre sa poésie en français et en innu-aimun. Elle a d’ailleurs reçu le Prix Samuel de Champlain avec Marc-Antoine Mahieu, professeur d’inuktitut à l’Inalco, soulignant leur engagement dans la préservation des langues autochtones.

 

 

Écrits des femmes

Affiche du colloque international
(Re)découvrir Nelly Arcan présenté à l’EHESS
les 16 et 17 septembre 2019.

Comme de bien d’autres domaines, les femmes ont longtemps été occultées du paysage littéraire québécois. Dans les années 1970, on assiste à un essor spectaculaire de la parole des femmes, favorisé, entre autres, par la création des Éditions du remue-ménage qui œuvrent encore aujourd’hui à faire avancer la condition des femmes et la pensée féministe. C’est autour de cette question des écrits de femmes que les bibliothèques Gaston-Miron et Sainte-Geneviève collaborent pour la première fois, à l’occasion du colloque international « (Re)découvrir Nelly Arcan », organisé en 2019 à l’EHESS. La bibliographie sélective autour de l’œuvre de Nelly Arcan témoigne de l’intérêt indéniable que cette autrice suscite dans les milieux littéraire et de la recherche, tout particulièrement auprès des jeunes chercheuses. Malgré certaines inégalités persistantes, les femmes sont bien présentes dans le paysage littéraire québécois et bon nombre d’entre elles inscrivent leur travail dans une démarche féministe. Cet engagement se traduit dans le projet Clairvoyantes, un oracle littéraire dont une version est disponible en ligne. À l’invitation d’Audrée Wilhelmy, une quinzaine d’autrices ont contribué au livret alors que la photographe Justine Latour a illustré les cartes du jeu. Ce collectif rappelle les forces occultes, la divination et la sorcellerie, domaines traditionnellement liés aux femmes et qu’elles s’approprient ici pour lui redonner un caractère de puissance et de sororité.

 

 

Bibliothèques et édition

Denis GOULET, Bibliothèque et Archives
nationales du Québec : un siècle d’histoire
,

[Montréal] : Fides, 2009. 027.5714 G6987b 2009

Soucieuses d’offrir à un public non seulement francilien mais aussi national voire européen des collections reflétant le Québec passé et présent dans toute sa diversité, les bibliothèques Gaston-Miron et Sainte-Geneviève peuvent s’inspirer de l’activité de leurs homologues d’outre-Atlantique mais aussi s’appuyer sur le dynamisme de l’édition québécoise.
Au sein d’un réseau documentaire riche de nombreux établissements, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec occupe une place centrale. Née officiellement en 2006 de deux fusions successives qui ont rassemblé la Bibliothèque nationale du Québec, les Archives nationales du Québec et la Grande Bibliothèque, elle a pour missions l’acquisition, la conservation et la diffusion du patrimoine documentaire publié, archivistique et filmique. Dans un bâtiment construit à Montréal de 2001 à 2004, sont offertes deux collections, la collection universelle, qui peut être empruntée, et la collection nationale consultable sur place.
Cette grande institution québécoise est un partenaire important pour la Bibliothèque de la Délégation dès sa création et, au fil des ans, ce soutien s’est traduit de différentes manières selon les besoins et les évolutions de la Bibliothèque Gaston-Miron : don d’ouvrages, hébergement du catalogue en ligne, aide au catalogage, service de prêt entre bibliothèques et même un détachement de personnel à la fin des années 2000. Plus récemment, à l’occasion des dix ans de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec en 2015, l’exposition « La bibliothèque, la nuit », conçue par le metteur en scène Robert Lepage et reprise en 2017 à Paris, proposait la visite immersive de dix bibliothèques imaginaires ou réelles, dont la bibliothèque Sainte-Geneviève. Enfin, les deux établissements se sont retrouvés comme membres du portail BnF « La France aux Amériques ».
Dans leur travail d’enrichissement des collections, les bibliothécaires peuvent aussi s’appuyer sur la vitalité de l’édition québécoise. Depuis 2013, l’Association nationale des éditeurs de livres propose en collaboration avec l’Association des bibliothèques publiques du Québec, la revue trimestrielle Collections. Mettant en valeur la littérature québécoise et franco-canadienne, elle offre un numéro spécifique pour les professionnels européens. Autre moyen de découvrir les éditeurs, le Salon du livre de Paris. Invité d’honneur en 1999, le Québec l’est à nouveau lors du Festival du Livre du 12 au 14 avril 2024 au Grand Palais Éphémère. La Librairie du Québec est également un lieu incontournable du livre québécois à Paris, à deux pas de la bibliothèque Sainte-Geneviève.

 

 

Préc. Suivant